Personnalité de Silenrieux

Jean Joseph Piret

Jean Joseph  Piret (1758-1838)
Il est né à Silenrieux le 18 avril 1758 de Jean François Piret et de Catherine Falque. (Propriétaire du moulin de Silenrieux) et il est mort à Liège en 1838.

Il fit ses humanités au collège des augustins à Bouvignes et son droit à l’université de Douai. Devenu avocat, il alla s’installer à Liège.

Le 2 mars 1787, le prince de Liège l’éleva au poste d’échevin de la haute cour de justice de l’avouerie de Fléron et ceci, après le succès remporté par Piret, dans la contestation au sujet du canonicat de Florennes entre le nommé Denissart et l’abbé Toussaint.

L’avocat Piret fut aussi conseiller à la cour Royale à Liège. Il publia fin 1787 «de la souveraineté des princes évêques de Liège et du pouvoir de ses états ». Il était très apprécié du Prince Evêque dont il deviendra le conseiller.

L’affaire des jeux de Spa mêlée à la révolution liégeoise de 1787-89 :

Les jeux de Spa avaient pris une extension tellement dangereuse pour les mœurs publiques que le Prince Evêque se vit forcer de restreindre la permission de jouer. Sans égard à cette ordonnance de police, le tenancier d’une vaste salle de jeux Paul Redouté, loin de se conformer, porta plainte au tribunal des 22. Une simple question de police fut ainsi transformée en une question de droit régalien, de souveraineté du peuple, de suprématie entre le Prince et la nation ; et donna naissance à des discussions irritantes qui provoquèrent l’examen des lois fondamentales de la principauté et qui contribuèrent puissamment à amener la révolution liégeoise de la fin du 18ème siècle. Appelé à se prononcer sur cette question, le tiers état jugea nécessaire de recourir aux lumières de l’avocat Piret. Par la suite, ce
conflit donna lieu à une agitation populaire à Liège et à Verviers. Jean Joseph Piret prit alors la plume pour soutenir l’avis qu’il avait donné au Tiers état.
Le 28 juin 1787, la cour impériale de Wetzlar (empire germanique) devant laquelle le conflit avait été porté déclara légale la fermeture de la salle Paul
Redouté. Celle-ci fut fermée manu militari. Cependant, Paul Redouté manœuvra si bien qu’il se fit accorder par le parti opposé au prince un mandement qui
l’autorisait à exploiter en sa faveur les jeux de Spa. L’avocat Piret entra une nouvelle fois en bataille en publiant divers mémoires ; cette affaire avait
tellement monté le public que le 16 août 1789 Piret poursuivi par le peuple à la fureur duquel il parvint à se soustraire fut noyé en effigie dans la Meuse. Le
Prince lui-même fut violenté dans son château de Seraing et ne rentra dans ses états que le 13 février 1791. Jean Joseph Piret, en récompense du dévouement
qu’il avait montré envers le Prince fut en 1792 nommé conseiller des finances, conseiller intime et avocat de son Altesse ; il ne jouit de ses honneurs que peu
de temps ; à la révolution française, il dut prendre le chemin de l’exil à l’exemple d’un grand nombre de concitoyens.

Arrivé à Brême en juillet 1794, il dut pour subvenir aux besoins de son existence exercer successivement le métier de fabriquant de chandelles, les fonctions d’instituteurs et la profession de commis négociant.

Il revint dans son village natal de Silenrieux en 1801. Il y monta une fabrique de cire à cacheter et de dégraissage de plumes qu’il remplaça en 1812 à Liège par une fabrique de sucre privée et commerciale.

Il fut le premier sucrier belge. Cette industrie date de la fin du règne de Napoléon Ier (de 1812 à 1814). Le blocus continental fut la cause indirecte de son éclosion. La culture des betteraves fut rendue obligatoire dans tout l’empire français. Mais cette industrie n’eut qu’une durée éphémère puisqu’elle sombra en même temps que Napoléon.

La fabrique de Piret était située au quai St Léonard à Liège et s’appelait « Piret et Lefevre ». Des 10 premiers établissements, il ne reste en 1814 que celui de Piret et Lefebvre qui fut transformé en raffinerie de sucre.

Selon le  témoignage de Briavoine, de toutes les fabriques de 1812-14, celle de Piret et celle de Huart à Charleroi furent les seules à produire un sucre convenable.

Après le succès de l’industrie du sucre sous Napoléon et puis sa ruine, il reprit sa place au barreau en 1815. En 1815, il fut distingué par le Roi des Pays-Bas qui le nomma aux doubles fonctions de la commission relative aux tarifs des droits d’entrée et de sortie et de membre du syndicat d’amortissement. Finalement, il fut pensionné par les Etats allemands comme ancien conseiller du Prince Evêque et il fut aussi  nommé, en 1817, conseiller  à la cour supérieure (d’appel) de Liège, place honorable qu’il occupa avec distinction jusqu’à sa retraite le 4 octobre 1832. Il mourut le 11 janvier 1838 à Liège.

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